La Fapil a émis deux enquêtes en mai et en juin auprès de ses 120 adhérents afin d’évaluer l’impact de la crise sanitaire actuelle et du confinement sur les 48000 personnes actuellement logées par ses adhérents.

Début mai, en plein confinement, les nombreux retours avaient mis en lumière une augmentation de 49% du nombre de ménages en incident de paiement.
La deuxième enquête, début juin, permet de constater une baisse du nombre d’impayés par rapport à la première enquête, mais pas de retour à la normale. L’augmentation du nombre de ménages en incident de paiement est ainsi de +17% par rapport au dernier quittancement avant la crise sanitaire.

Les résultats de cette deuxième enquête dressent le constat suivant : l’augmentation du nombre de ménages en incident de paiement est de +17% par rapport au dernier quittancement avant la crise sanitaire. Ce chiffre, bien qu’en baisse par rapport au précédent quittancement, révèle des orientations inquiétantes : bien que la situation se stabilise, de fortes difficultés financières persistent. Sur le long terme, cela pourrait entraîner de sérieuses conséquences sur la santé financière des ménages et des organismes gestionnaires.

  • L’accompagnement social et la gestion locative adaptée, même à distance, ont été des éléments clés de la réduction du nombre d’impayés. Les adhérents ont réagi rapidement à l’annonce du confinement et ont trouvé de nombreuses solutions pour pouvoir continuer à travailler auprès des ménages : appels téléphoniques, rendezvous à l’agence ou à domicile pour examiner les situations difficiles et réaliser des plans d’apurement, mise en relation avec diverses associations, soutien pour mobiliser des aides de la CAF, etc.
  • Une attention particulière doit être adressée aux ménages les plus fragiles, en particulier aux jeunes. Ces derniers sont souvent concernés par les contrats précaires (CDD, intérim, statuts indépendants, etc.) et sont donc les premières victimes des problèmes économiques.

Prenant acte des annonces gouvernementales d’aides aux plus démunis, la Fapil regrette néanmoins une réponse insuffisante pour répondre aux enjeux de la crise sociale. C’est pourquoi la Fapil réclame la mise en œuvre par les pouvoirs publics de mesures d’urgence pour éviter la précarisation des ménages et la fragilisation des associations gestionnaires :

  1. La création d’un fonds national d’aide à la quittance, afin aider les locataires du parc social et du parc privé à payer leur loyer et les charges.
  2. Le renforcement des FSL, qui permettent de maintenir les personnes dans leur logement : il faut rendre éligibles d’avantage de ménages à leurs aides et en amplifier le volume.
  3. L’abondement et la généralisation de dispositifs existants : fonds d’indemnisation des bailleurs, maintien des aides au logement de la CAF, etc.
  4. Le soutien de la trésorerie et l’équilibre financier des associations d’insertion par le logement, via la généralisation des fonds de sécurisation des associations, qui subissent in fine l’impact des impayés.
  5. Le renforcement des financements de dispositifs d’accompagnement social, pour permettre aux travailleurs sociaux d’accompagner au mieux les personnes les plus en difficulté et de les aider à limiter les effets de la crise sur leurs situations financières.

> L’analyse approfondie des enquêtes sur les impayés liés à la crise sanitaire
> Le Communiqué de presse